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Durant
les années 1980, elle revient à la fiction et plus particulièrement
au théâtre. Sa pièce, créée et montée avec Zeig, d'abord en anglais
comme The Constant Journey (1984) et ensuite à Paris comme Le Voyage
sans fin (1985) reprend, dans une version lesbienne, l'histoire
de Don Quixote. Son dernier roman, Virgile, non (en anglais Across
the Acheron) reprend le motif de La divine Comédie de Dante, mais
dans ce cas l'enfer, les limbes et le paradis se situent à San Francisco
!
Après son immigration aux États-Unis, Wittig travaille comme professeur
invité et écrivain en résidence dans plusieurs universités américaines.
Elle obtient son doctorat avec une thèse intitulée " Le chantier
littéraire " sous la direction de Gérard Genette. Elle devient professeur
de français et d'études féministes à l'Université d'Arizona en 1990.
L'ensemble de ses essais, publiés en 1992 sous le titre The Straight
Mind, sont désormais accessibles à un vaste public. Ces essais ont
influencé et influencent encore, sur un plan international, la théorie
féministe et lesbienne.
En 1994, durant un colloque à l'Université de Kentucky, Wittig lit
sa première œuvre de fiction écrite en anglais, The Girl. C'est
cette fiction, The Girl, qui nourrit le scénario pour le film éponyme
réalisé par Sande Zeig. Pendant la décennie 1990, Wittig prépare
la publication de ses nouvelles dans une collection intitulée Paris-la-Politique
(1999) et la traduction de The Straight Mind en français, La Pensée
straight (2001). Pour fêter cette publication, Marie-Hélène Bourcier
et Suzette Robichon organisent un colloque de caractère international
qui a lieu à Paris en juin 2001, avec la présence de Wittig et Zeig,
cette dernière présentant par la même occasion la première française
du film The Girl. On retrouvera les actes du colloque dans un livre
intitulé Parce que les lesbiennes ne sont pas des femmes (2002)
sous la direction de Marie-Hélène Bourcier et Suzette Robichon.
La mort subite et inattendue de Wittig, en janvier 2003, a terminé
trop tôt la vie et l'œuvre de l'écrivain, du philosophe et de l'activiste
extrêmement créatrice et influente dont les idées continueront à
inspirer tous ceux et celles qui luttent contre " la pensée straight
" dans toutes ses dimensions. Des numéros spéciaux de revues, une
anthologie importante (On Monique Wittig, 2005) et un colloque à
Harvard (co-organisé avec Yale) en décembre 2004 ont rendu hommage
à ses contributions inestimables à la littérature, aux études et
aux théories lesbiennes, gaies et féministes.
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Biographie préparée par Diane G. Crowder (2006)
et traduite par l'auteur (2007)
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